Vies d'Elie
Les Nouvelles Vies parallèles
- 2 -
Elie (Elle)
C'est toujours en désordre. Ma vie se désordonne, et je l'aime beaucoup comme cela. Oui beaucoup comme cela.
Je suis l'auteur de mes jours : j'invente un monde à mon image.
Je vois le monde, je suis elle. Et j'ai les mots qui font.
Oui, bien sûr, j'ai aussi un travail comme tout le monde ; j'ai des collègues de travail, peu, des obligations, des horaires.
Mais moi j'ai un profil, là est toute l'affaire.
J'ai 40 ans, ai-je dit. Je les ai depuis plus d'un an, dit mon état civil. Et je suis belle, je crois.
La vie ne m'a pas épargnée. Pas de cadeau. Mais elle n'a pas défait mon corps.
De chaque épreuve, il est sorti plus pur, plus frais, presque plus beau. On ne me croira pas ? Jugez-moi donc sur pièces.
Et mon visage respire, inspire, il est vivant. C'est son lot.
Oui, j'ai eu des enfants (fallait-il le dire ?) c'est moi. J'ai eu des kilos de trop, mais je les ai laissés partir... un chiffonné de visage, celui de la femme oubliée... l'œil un peu terne des sales coups de la vie, mais j'ai relevé la tête, toujours, le regard droit ; pas toi ?
J'ai été défaite ? J'ai trouvé mes armes.
J'ai repris le combat, je repars. J'ai surmonté les obstacles, les mauvais temps .
Le temps ? j'efface les scories qu'il veut laisser sur moi, en dansant pour que cela s'envole.
A mort, c'est un combat.
Je gagne. Je m'invente, j'existe.
Et sur mon front, les plis s'effacent, littéralement. Ils se défont.
Mon esthéticienne croit que ce sont ses crèmes, et ses caresses. Que non. Ce sont mes rêves et mes désirs qui se déploient sur mon visage.
Mes yeux rient, en bleu clair, mes lèvres sont pleines, roses et douces, doucement brillantes (peut-être... l'esthéticienne)
Le menton un peu large, c'est un signe dit-on, le nez plutôt petit sans prétention, les pommettes hautes, le sourcil saillant.
Assez Europe centrale, si vous voulez. Ou du nord, c'est plus simple.
Mais déplacée. D'ailleurs, évidemment.
France, Sud, province ; et parisienne par intermittence.
Les cheveux courts, cela m'a amusé d'abord, ce sacrifice de flots blonds sur l'autel de l'expert visagiste. Mais aucun regret ensuite.
Oui les épis se manifestent davantage. Cela se déplie indocilement, rebelle, j'aime. Cela donne le ton.
Cet ensemble-là, comment se voit-il ? Quel mine a-t-on ?
Mobile. Hyper sensible, trop fine, à la limite du transparent.
Mais ce que je vis me paraît si juste et si légitime, si exact que je n'en rougis pas, jamais, aux yeux des autres.
Je mens, oui, oui, comme tout le monde. Plutôt moins, dans le doute.
L'œil ? éclairé. La vue ? complice.
Le regard vigilant qui décèle, observe, enregistre, englobe. Te voit.
Accueille et boit.
Te boit.
La musique du combat, c'est là
Comme une histoire ?
Les articles sont présentés dans l'ordre du récit, chronologiquement. On peut donc y découvrir l'une ou l'autre de
ces aventures au fil des jours depuis mars 2011...
Comme une vie se déroulant presque sous les yeux qui lisent ?
Les derniers articles sont les plus récents... en cours d'existence, à chaud, vivants...
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