Dimanche 3 avril 2011 7 03 /04 /Avr /2011 21:00

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Celui qu'on verrait des étoiles

 

 

 

Elle ne sait pas très bien.
Il est fin de visage et de corps, un peu dur. Un peu voyou, on pourrait dire.
Pas très grand de taille, à peine plus qu'elle. Mince et ferme.

Quand ils se frottent, se palpent doucement, mais très près, et sans mollesse, elle sent.
Elle sent son parfum, c'est Dior, mêlé à l'odeur de l'homme. Différente dans le cou, dans la nuque, ou là près de la bouche.
Sa bouche est ferme aussi. Pas une qui fuit ou s'efface, terriblement agaçante ; ni une grande qui vous dévore le visage. Langue longue, elle aime ; elle connait cela.
La peau de l'homme est un peu sèche, un peu rèche, avec des cicatrices, un tatouage : un vrai dur presque.

Elle a connu d'autres goûts, des parfums plus rares ou plus ronds, son rugbyman, un homme chic, un jeune homme presque imberbe...
Celui-ci est nerveux, sec, très puissant et sensible : il frémit, il soupire, il halète doucement.

Sous son jean, les fesses sont nues, petites, bien dessinées ; cela fait, à la femme, écarter davantage les cuisses, pour appuyer son sexe humide sur le pantalon.
Frotter doucement la vulve, encore protégée par la culotte, même petite, vulve chaude et qui proémine, contre le tissu de coton sombre.
Cela fait un autre parfum, des sueurs tièdes, des palpitations.

Il a soulevé sa jupe et posé ses mains sur ses fesses nues ou presque. Il la prend doucement et tangue, emporte, dessine avec leur corps le mouvement qui s'approche. Bientôt.

Portée jusqu'à son lit, c'est pour perdre la tête, le lien avec le sol et ses préoccupations. Emportée, partie. Le Nord qu'on voit par la grande fenêtre, les plantes, les fleurs à foison, les feuillages aquatiques dans le soir tombé ne sont plus une direction. C'est là et c'est ailleurs : tout se concentre dans le souffle des bouches. Les langues, les dents. Arrêtes vives qui mordillent sans précipitation, calmement, les muqueuses offertes : c'est lui qui cherche à prendre ou marquer la chair des lèvres ; cela fait un baiser de jeune animal, frais mais qui excite.
Elle tâte son dos, puis trop vite peut-être, ses fesses, avide ; c'est doux comme un combat qu'on voudrait perdre. Agité, presque joueur.

C'est un couple qui danse debout.

Même sur le lit, les caresses. A genoux, assise, agenouillés. Chemises rabattues sur les épaules, torses et seins dénudés, un peu trop vite encore. Les baisers ou des doigts sont tendres, mais les gestes sans concession : voir, exposer, toucher les objets du désir, défaire ce qui se cèle, ce qui doit être caché. Bien sûr les milliers d'images ou d'écrans, mais tenir entre ses deux doigts, un téton qui s'érige, le faire saillir dans l'interstice d'un vêtement masculin, appuyer sur le renflement rose au milieu de la toison,  le tirer doucement, tout en enfonçant délicatement la langue dans la bouche pour se faire pardoner cette pression. Vis-à-vis l'homme qui souffle un peu de cette morsure, la femme dégrafée offre les bouts durs de ses seins qu'il tète en la regardant, droite, mais les joues toutes roses et la respiration qui tremble.

"Encore..." ne sera pas longtemps obéi ; sans lâcher longtemps les mamelons, il la retourne doucement et relève la jupe qu'elle porte encore, assez haut sur le ventre : il la tient, il la cambre, apprécie les galbes bien ronds, la tire à soi contre sa verge bandée ferme et qu'elle sent. Elle se trémousse, elle se tortille, elle appelle encore le frottement, l'emprise. Comme une femelle ivre. Elle lâche ses appuis, des coudes, pour mieux le saisir à son tour, être dans ces frôlements plus active ; elle enserre avec ses paumes le cul de l'homme, et le presse, le pétrit, le palpe, glisse son poing doucement entre les monts.
Il la retourne encore, souple et svelte, il écarte ses cuisses doucement, et pousse le petit bandeau de tissu qui masque la vulve entrouverte et lisse. 
Elle ne gémit pas. Il lui baise langoureusement la bouche quand il introduit ses doigts dans elle.  Il se détache un peu de ses lèvres qui l'invitent et l'aspirent, pour voir ses yeux. Comment le bleu chavire quand le plaisir monte au visage lentement.

Il lui rend ses mains qui se délivrent et mettent au jour le membre qu'elle attend. Comme un fruit précieux, découvrir le gland, très dessiné, obscène. Rouge de sang. Avec la bouche, avec les lèvres. Chaque sexe est un événement. Un goût étrange, presque toujours inconnu, inexistant. Puis un souvenir végétal, un parfum de terre dans la bouche, ou de sève, de tilleul, de sarrasin tiède, d'humus. Unique, étonnant. Après l'avoir goûté une fois, il est sien comme une maison où l'on vivrait quelquefois.
Cet homme est un peu rauque, sa queue est dure. Elle fait lentement glisser la peau sur le fût, lentement, comme si ce vêtement fragile pouvait se déchirer  tant la tension est forte. C'est idiot, elle pense. Mais elle reste excessivement douce, effacée devant ce dressement. La racine plonge bien nette entre les fessiers très attirants ; elle poursuit ses explorations avec la bouche et la langue, il geint et la fouille avec ses doigts toujours plus doux, plus caressants, plus forts.
Les accords se font dans le geste, le plaisir monte avec le mouvement. Avec les corps entiers qui suivent ou qui précèdent, s'écartent, se frôlent, inversent les pressions, les places.
Les danseurs sont nus, et humides.
Les mains s'affolent et s'offrent toutes les découvertes, se font goûter des parfums de plus en plus inexistants.

Pour la prendre, il l'élève. Il saisit ses hanches menues et l'attire, pose ses jambes contre son buste, et ses pieds aux épaules : la corolle est ouverte et fond, s'épanouit encore dans  la pénétration. Lente. Au fond. La lenteur fait jaillir les eaux p lus vives. Elle voudrait garder ces secrets mais l'homme ouvre. Et prend. Alors elle s'écarte encore et l'accompagne, mais serre avec son ventre la queue qui l'emplit à présent, accompagne avec les fesses le bon mouvement du désir ; c'est une danse assez brève car ils sont trop près du centre. Ils s'accordent aisément, tout les rassemble. C'est presque en unisson ; elle s'envole d'abord, choyée dans sa matrice de montée longues et dures, irrésistibles... puis elle le regarde jouir. Perdre ses années, leurs traces, la fatigue, se dénouer, rire, rire et gémir comme un homme qui meurt en même temps.

Le silence les accompagne alors, les bras qui serrent, les pensées qui s'évanouissent ; c'est l'autre temps.
Celui qu'on verrait des étoiles...

 

 Kokoschka L'Epouse du vent 1914

Dimanche 3 avril 2011 7 03 /04 /Avr /2011 21:15

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Chut !

Dimanche 27 mars 
Ad vinam aeternam : le vin te va bien
Bonjour Elie,
Encore ce soir j'ai des difficultés à trouver les mots qui conviennent...
J'ai passé une très belle soirée, en tous points.
Des pensées vers toi m'habitent, je les prends et les déguste.
est-il vraiment besoin de mettre des mots sur de tels moments ?
J'ai eu l'impression d'avoir inventé un nouveau dialecte avec toi.
Et si nous commencions à écrire le tome I de cette encyclopédie ?
Douces caresses
M.

Dimanche 27 mars
Re : Ad Vinam aeternam
Matthieu,
Je suis très contente de n'avoir pas écrit avant toi...
Me taire. 
T'attendre. 
Sentir que les mots ne peuvent pas tout dire.
Savoir recevoir ce qui arrive.
Laisser la joie qui me frissonne encore partout poursuivre son oeuvre en silence.
Tu dis "déguster", je savoure pareillement. 
C'est tout. Oui, c'est tout. 
Cela pourrait être la première lettre, O comme Oui. Au lieu de commencer par A, bêtement.
V comme Voilà que je recommence à faire mon intéressante, c'est plus fort que moi... et je n'ai plus l'excuse du verre de vin. 
Oui encore. Oui seulement. 
Je t'attends ; je suis bien. 
Bien. 
Elie, dans l'ivresse où tu l'as mise (irrévocablement)

Qu'est-ce que c'est ?

Comment le lire ?

Comme une histoire ?
Les articles sont présentés dans l'ordre du récit, chronologiquement. On peut donc y découvrir l'une ou l'autre de ces aventures au fil des jours depuis mars 2011...

Comme une vie se déroulant presque sous les yeux qui lisent ?
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