Lundi 21 mars 2011 1 21 /03 /Mars /2011 09:01

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Commencer

Ce sera en désordre ; ma vie est en désordre. C'est un joyeux foutoir. Pourquoi ? Comment ? Je ne sais plus. Si, si. Je veux savoir, l'écrire. Me souvenir. Je danse, je cours, je marche, je cours encore  vers toi.

Qui est toi ? Où je suis ? Je danse encore, je danse déjà. Mes mains pianotent sur les touches, noir blanc noir, vite, vite et légèrement. Non, toi n'est pas un hasard, pas un clin d'œil appuyé au détour d'un bar, pas un voisin voyeur, ni l'improbable collègue trop bien sous tous rapports.

Tu es celui que j'ai choisi, que j'ai cherché, que j'ai trouvé. Patiemment, avec intelligence. Il fallait que nous nous entendions bien. Vraiment. Bien.

Je t'ai cherché avec les mêmes mains qui cherchent les touches ce soir, avec les même mains qui frémissent en effleurant le clavier brillant, agitées, frissonnantes, là.  

Ce sont elles qui te toucheront, elles et moi. Qui frôlent maintenant les touches à la vitesse de mes pensées, à la lumière de mes baisers à venir, arrivés.

Te rencontrer.

Je danse. Remy Saglier Still Life FlickR CC

Toute peur s'est envolée ; nous avons tout fait pour cela.

Tu t'es fait connaître avant de me rencontrer.

Tu as introduit la respiration du désir, le temps de l'attente affolée ; c'est là, tremblant au creux de moi. Cela se plie, se penche, se couche et ne vacille pas. Ne s'éteint pas. C'est une joie que tu entretiens déjà avant même que mes mains n'aient pu goûter, de la pulpe fragile du bout des doigts, ta peau dans ses textures ignorées, que je désire sans la connaître.

Que je veux découvrir avec l'avidité violente de l'exploratrice d'une terre, vierge de mes baisers, recelant tous les parfums du monde ; territoire secrétant des épices encore inconnues, des collines vivantes, respirations de sources, taillis humides, douce ramée. J'écris n'importe quoi.

Je suis folle. Mes doigts ont pris leur envolée.

Embarquement pour l'adultère. Destination liberté.

Durée à définir par les passagers. Altitude élevée.

Sommets, sommets, rien d'autre.

Je suis neuve une nouvelle fois ; j'ai vingt ans aujourd'hui, vingt ans pour une deuxième fois. Je vis, et c'est ici.

 

Le son, dansant ce soir, c'est cela...


Mercredi 23 mars 2011 3 23 /03 /Mars /2011 22:46

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Elie (Elle)

C'est toujours en désordre. Ma vie se désordonne, et je l'aime beaucoup comme cela. Oui beaucoup comme cela.

Remy Saglier Still Life 2

Je suis l'auteur de mes jours : j'invente un monde à mon image.

Je vois le monde, je suis elle. Et j'ai les mots qui font.

Oui, bien sûr, j'ai aussi un travail comme tout le monde ; j'ai des collègues de travail, peu, des obligations, des horaires.

Mais moi j'ai un profil, là est toute l'affaire.

J'ai 40 ans, ai-je dit. Je les ai depuis plus d'un an, dit mon état civil. Et je suis belle, je crois.

La vie ne m'a pas épargnée. Pas de cadeau. Mais elle n'a pas défait mon corps.

De chaque épreuve, il est sorti plus pur, plus frais, presque plus beau. On ne me croira pas ? Jugez-moi donc sur pièces.

Et mon visage respire, inspire, il est vivant. C'est son lot.

Oui, j'ai eu des enfants (fallait-il le dire ?) c'est moi. J'ai eu des kilos de trop, mais je les ai laissés partir... un chiffonné de visage, celui de la femme oubliée... l'œil un peu terne des sales coups de la vie, mais j'ai relevé la tête, toujours, le regard droit ; pas toi ?

J'ai été défaite ? J'ai trouvé mes armes.

J'ai repris le combat, je repars. J'ai surmonté les obstacles, les mauvais temps .

Le temps ? j'efface les scories qu'il veut laisser sur moi, en dansant pour que cela s'envole.

A mort, c'est un combat.

Je gagne. Je m'invente, j'existe.

Et sur mon front, les plis s'effacent, littéralement. Ils se défont.

Mon esthéticienne croit que ce sont ses crèmes, et ses caresses. Que non. Ce sont mes rêves et mes désirs qui se déploient sur mon visage.

Mes yeux rient, en bleu clair, mes lèvres sont pleines, roses et douces, doucement brillantes (peut-être... l'esthéticienne)

Le menton un peu large, c'est un signe dit-on, le nez plutôt petit sans prétention, les pommettes hautes, le sourcil saillant.

Assez Europe centrale, si vous voulez. Ou du nord, c'est plus simple.

Mais déplacée. D'ailleurs, évidemment.

France, Sud, province ; et parisienne par intermittence.

Les cheveux courts, cela m'a amusé d'abord, ce sacrifice de flots blonds sur l'autel de l'expert visagiste. Mais aucun regret ensuite.

Oui les épis se manifestent davantage. Cela se déplie indocilement, rebelle, j'aime. Cela donne le ton.

Cet ensemble-là, comment se voit-il ? Quel mine a-t-on ?

Mobile. Hyper sensible, trop fine, à la limite du transparent.

Mais ce que je vis me paraît si juste et si légitime, si exact que je n'en rougis pas, jamais, aux yeux des autres.

Je mens, oui, oui, comme tout le monde. Plutôt moins, dans le doute.

L'œil ? éclairé. La vue ? complice.

Le regard vigilant qui décèle, observe, enregistre, englobe. Te voit.

Accueille et boit.

Te boit.

 

La musique du combat, c'est là 

Qu'est-ce que c'est ?

Comment le lire ?

Comme une histoire ?
Les articles sont classés dans l'ordre du récit, chronologiquement. On peut donc y découvrir l'une ou l'autre de ces aventures au fil des jours depuis mars 2011...

Comme une vie se déroulant presque sous les yeux qui lisent ?
Les derniers articles sont les plus récents... en cours d'existence, à chaud, vivants...

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